Suite au résultat de la votation hier en Suisse où plus de 57% des votants ont rejeté la construction de minarets, Novopress Aquitaine a interrogé Tareq Oubrou, imam de Bordeaux (ici en photo avec le sulfureux Alain Soral).
Novopress Aquitaine : Quelle est votre réaction aux résultats d’hier en Suisse ?
Tareq Oubrou : Ce n’est pas du tout une surprise. C’était un résultat totalement prévisible. Les sociétés européennes ont peur de l’Islam et il y a un grand décalage entre les élites et la mentalité du peuple. Dans une telle consultation, partout en Europe, le rejet sera systématique.

Pensez-vous que ce résultat peut avoir une incidence sur le projet de Grande Mosquée à Bordeaux ?
J’espère que les Bordelais réagiront positivement à ces événements. Notre mosquée sera de toute façon une mosquée ouverte, ancrée sur le territoire local. Je suis pour une religiosité qui se négocie avec les citoyens. Nous sommes pour une visibilité qui n’est pas agressive. Je note d’ailleurs que nous avons d’excellentes relations avec les autorités juives et catholiques de Bordeaux.
Cette votation sur les minarets ne traduit-elle pas un rejet des musulmans en Europe ?
Pas forcément. Ce rejet marque surtout la crainte d’une idéologie qui se substituerait au fascisme et au communisme. Il est vrai que dans l’esprit de beaucoup d’Européens, l’islam évoque l’immigration, mais l’islam n’est pas une culture, c’est juste une religion.
Propos recueillis par Louis Forestier