Laetitia Jarty (UMP) : « La Gay Pride n’est pas en opposition avec les valeurs familiales » » :: Novopress.info Aquitaine


Laetitia Jarty (UMP) : « La Gay Pride n’est pas en opposition avec les valeurs familiales »

Dans le cadre des prochaines élections régionales, Novopress Aquitaine a interviewé Laetitia Jarty. Conseiller municipal de Bordeaux, responsable départemental des jeunes UMP, celle dont le père était sur la liste du socialiste Alain Rousset aux dernières municipales à Bordeaux confirme le tournant centriste pris par l’UMP. On est loin d’un parti de « droite»  !

Laetitia Jarty

Novopress Aquitaine : Laetitia Jarty, pourriez-vous vous présenter ? Depuis quand êtes-vous chez les Jeunes Populaires, et pourquoi ?

Laetitia Jarty : J’ai 24 ans et je suis étudiante en droit. Je suis militante à l’UMP où je me suis engagée en avril 2004. Je suis également déléguée pour la deuxième circonscription de Gironde des Jeunes Populaires, responsable pour ce même mouvement de la Gironde et enfin conseillère municipale à Bordeaux.

J’ai toujours eu envie de faire de la politique. Je voulais me rendre utile, et ça a donc été pour moi une évidence. Les valeurs de travail et de mérite que défend l’UMP ont été primordiales. Je n’oublie pas aussi la personnalité d’Alain Juppé, qui a beaucoup motivé mon engagement.

Dans un peu plus de deux mois, ce seront les élections régionales. Quelle sera l’implication des jeunes UMP dans la campagne ?

Chez les Jeunes Pop, nous voulons défendre des idées. C’est dans ce but que nous nous réunissions fréquemment au Saint-Aubin, place de la Victoire à Bordeaux, pour des réunions thématiques de projet : « Les mercredis du projet régional ». On faisait venir des élus pour réfléchir ensemble sur des thèmes (développement durable, emploi/formation, aménagement du territoire…). A la fin, nous avons rédigé une contribution que nous remettrons d’ailleurs à Xavier Darcos samedi.

Les idées phares de cette contribution sont la création d’un Observatoire régional de la jeunesse, le développement du « space box », qui consiste à aménager des logements dans des conteneurs, et enfin le développement du Pass aquitain permettant d’avoir des réductions pour toutes les activités concernant le sport, la culture…

C’est une campagne très attendue par les jeunes. Nous développerons les activités traditionnelles d’un mouvement de jeunes : tractage, collage. Vous savez, les jeunes suivent un homme en qui ils croient. On constate qu’Alain Rousset ne fait rien pour les jeunes.

Xavier Darcos veut reprendre la région à la gauche. Si le ministre du Travail est élu, qu’est-ce qui va changer en Aquitaine ?

J’aurais tendance à dire : tout. A part beaucoup de communication, dont le budget a bien augmenté, pas grand-chose n’a été effectué sur le fond. Xavier Darcos a, lui, beaucoup d’ambition pour l’Aquitaine. On constate que dans les derniers classements des régions, l’Aquitaine est souvent en queue, notamment dans le domaine économique. Ce que je reproche à Alain Rousset, c’est un manque d’envie et d’ambition. D’ailleurs très peu de gens connaissent le nom d’Alain Rousset en Aquitaine.

L’UMP a voté plus de 90 % des règlements en commission permanente au conseil régional. Finalement rien ne vous différencie du PS ?

Il faut noter que dans ces commissions, ce sont des dossiers qui font consensus, qui sont d’intérêt régional. Nos conseillers régionaux UMP ont donc fait preuve d’intelligence politique en ne s’opposant pas à ces dossiers et en pensant à la région Aquitaine. La différence entre la gauche et la droite, c’est sur la vision des dossiers. La droite a une vision d’avenir tandis que la gauche ne réfléchit pas aux conséquences à long terme. Alain Rousset fait, lui, du saupoudrage. Il privilégie certaines personnes, souvent les mêmes, en permanence. Il fait du clientélisme. Ce n’est pas ma vision de la politique.

Etes-vous en accord avec les positions très à gauche de Benjamin Lancar, le président national des Jeunes Populaires, qui est favorable à la discrimination positive « sur critères ethniques » ou qui participe à la Gay Pride ?

Benjamin Lancar est un très bon ami. Je l’apprécie énormément et je vous affirme qu’il n’a pas un discours de gauche. Mais pourquoi laisser à la gauche un monopole sur certaines idées ? Je n’ai pas vu les propos qu’il a tenus sur les critères ethniques, mais je lui fait entièrement confiance. C’est bien ce qu’a fait Nicolas Sarkozy pendant sa campagne : il a repris des thèmes du Front national, cela n’en fait pourtant pas un partisan de Jean-Marie Le Pen.

Quant à la Gay Pride, vous savez, ça ne choque pas du tout à l’UMP. J’ai toujours eu envie que notre mouvement participe à la Gay Pride. Mon prédécesseur y était hostile, mais j’ai demandé l’année dernière que les Jeunes Pop y participent sur Bordeaux. Je suis d’ailleurs très amie avec la personne en charge de GayLib [le mouvement homosexuel associé à l’UMP, Ndlr] sur l’Aquitaine. En aucun cas la Gay Pride n’est en opposition avec les valeurs familiales, au contraire.

Alors que le général De Gaulle déclarait : « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen, de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne», Eric Besson a déclaré le 5 décembre lors d’un débat à La Courneuve : « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage. » De quelle conception vous sentez-vous la plus proche ?

Je ne ramène pas l’identité nationale à une conception. Je ne me pose même pas la question de mon identité. Je pense que ce débat n’a pas sa place maintenant. Je ne sais pas pourquoi le gouvernement l’a lancé, mais pour moi on n’a pas à se poser la question car je considère que l’identité nationale est une évidence. Pour autant, je respecte ceux qui pensent autrement et j’irai certainement assister au débat sur ce sujet à l’Athénée municipal la semaine prochaine.

Lors d’un sondage effectué par l’Ifop pour Le Figaro, début décembre, 41% des Français, dont une majorité d’électeurs de Nicolas Sarkozy, refusaient l’édification de mosquées ? Quelle est votre position ?

Honnêtement je n’ai pas réfléchi à la question, je n’ai donc pas de position sur le sujet. La chance que l’on a à l’UMP, c’est que l’on est libre de débattre sur de multiples sujets comme l’homoparentalité ou la discrimination positive et nous débattons donc aussi de celui-ci !

Etes-vous favorable à la participation financière des mairies pour la construction de mosquées ? Que pensez-vous de la volonté de la mairie de Bordeaux d’offrir un terrain à l’Association des musulmans de Gironde et de l’imam Tareq Oubrou ?

C’est une association, et on le fait pour d’autres associations. Cela ne me dérange pas. Ce genre d’histoire, les médias en font des montagnes, alors que c’est quelque chose de simple.

Propos recueillis par Louis Forestier

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